Varices

Varices héréditaires : 45 % avec un parent atteint, 90 % avec les deux

Martin Deterre
·
September 14, 2026
· — min de lecture

L'hérédité est le facteur le plus déterminant de la maladie veineuse, et le seul qui se chiffre précisément. Un parent atteint, 45 % de risque. Deux parents, 90 %. Voici ce qui se transmet réellement, et ce que cela change pour vous.

L'essentiel à retenir
  • 80 % des personnes porteuses de varices ont des ascendants qui en avaient.
  • Avec un parent atteint, le risque est de 45 %. Avec les deux, il monte à 90 %.
  • Ce qui se transmet est la fragilité de la paroi veineuse, pas la varice elle-même.
  • L'hérédité est le facteur le plus déterminant, mais elle n'agit jamais seule.
  • Un écho-doppler systématique n'est pas justifié sans symptôme ni varice visible.

Les varices sont-elles héréditaires ?

Oui, et c'est le facteur le plus déterminant de tous. L'Institut des varices de l'Hôpital Paris Saint-Joseph le chiffre précisément, là où la plupart des sources se contentent d'écrire que « le risque augmente ».

  • 80 % des patients variqueux ont des ascendants variqueux.
  • Un parent atteint : le descendant a 45 % de risque de développer des varices.
  • Deux parents atteints : ce risque passe à 90 %.

L'Assurance Maladie dit la même chose sans chiffrer. Le risque est plus important lorsque plusieurs personnes sont atteintes dans la famille, et il s'accroît avec le nombre de parents concernés. Cette prédisposition ne condamne pas. Elle n'empêche pas un traitement le moment venu, par la chirurgie, par les techniques endoveineuses, ou par le traitement non-invasif des varices par les HIFU.

Situation familialeRisque de développer des varices
Aucun parent atteintRisque de fond de la population
Un parent atteint45 %
Deux parents atteints90 %
Personne déjà porteuse de varices80 % ont des ascendants variqueux

Qu'est-ce qui se transmet exactement ?

Pas la varice, mais le terrain qui la rend possible. C'est une nuance décisive, et elle explique pourquoi deux personnes également prédisposées n'évoluent pas de la même façon.

  • La qualité de la paroi veineuse, sa solidité et son élasticité.
  • La qualité du tissu conjonctif qui soutient cette paroi.
  • Le comportement des valvules, ces clapets étagés qui empêchent le sang de redescendre.

Ce terrain détermine la vitesse à laquelle les valvules s'altèrent. L'Hôpital Paris Saint-Joseph décrit le processus le plus fréquent : les varices apparaissent par altération progressive des valvules des veines superficielles, sur des terrains prédisposés, et en présence de facteurs favorisants.

Selon Sonovein®, le reflux veineux désigne l'inversion du flux sanguin dans une veine par incompétence valvulaire, mesurée en écho-Doppler au-delà de 0,5 seconde dans le réseau superficiel, mécanisme ciblé par toutes les techniques d'ablation veineuse dont le traitement par les HIFU.
Définition de référence : reflux veineux

La charge héréditaire varie d'une famille à l'autre. Certaines personnes ont des varices dès l'enfance et connaissent des évolutions sévères. D'autres, avec les mêmes antécédents, restent stables toute leur vie. C'est ce que recouvre l'expression « maladie chronique et évolutive » : évolutive ne veut pas dire rapide.

À lire aussi : Les causes principales des varices

L'hérédité agit-elle seule ?

Non, jamais. Elle pose le terrain, d'autres facteurs décident du rythme. L'Assurance Maladie et l'Hôpital Paris Saint-Joseph citent les mêmes.

  • Le sexe : la maladie veineuse chronique touche trois femmes pour un homme.
  • L'âge, qui altère progressivement les parois veineuses.
  • La station debout prolongée et le piétinement, qui ne facilitent pas le retour veineux.
  • Le surpoids, la sédentarité et l'exposition à la chaleur.
  • Les grossesses, dont l'effet se cumule avec leur nombre.

C'est pourquoi une prédisposition forte ne se lit pas comme une fatalité. L'Hôpital Paris Saint-Joseph le formule avec prudence. Éviter les varices lorsqu'il y a une forte hérédité n'est pas toujours facile. On peut en limiter le développement, en respectant quelques règles d'hygiène de vie et en les traitant assez tôt.

Deux générations en conversation, tons chauds

L'âge d'apparition compte autant que la présence de varices. Des varices apparues à trente ans chez un parent n'orientent pas de la même façon que des varices apparues à soixante-dix.

Faut-il faire un écho-doppler si un parent en a ?

Non, pas systématiquement. C'est la question que se pose tout le monde, et la réponse de l'Hôpital Paris Saint-Joseph est claire.

  • En l'absence de symptômes veineux et de varices visibles, un bilan écho-doppler systématique n'est pas justifié, même si votre mère a des varices.
  • Dans le cas contraire, c'est-à-dire dès qu'il existe une gêne ou une veine visible, il est utile de faire un état des lieux sans trop tarder.

Cette réponse mérite d'être connue, parce que l'inquiétude familiale conduit souvent à demander un examen qui n'apportera rien. Le dépistage veineux ne se pratique pas sur la seule base d'un antécédent.

Ce qui change, en revanche, c'est le seuil d'attention. Avec 90 % de risque quand les deux parents sont atteints, une gêne persistante ne se laisse pas de côté pendant deux ans. Une première veine visible non plus.

Que surveiller quand on est prédisposé ?

Les signes qui précèdent la varice, pas la varice elle-même. L'Assurance Maladie liste les manifestations qui apparaissent avant tout signe visible.

  • Une sensation de jambes lourdes, en fin de journée.
  • Des impatiences, ces sensations désagréables que seul le mouvement soulage.
  • Des crampes nocturnes des mollets et des démangeaisons.
  • Des chevilles gonflées le soir, qui dégonflent la nuit.

Ces signes orientent vers une origine veineuse s'ils augmentent avec la chaleur et la station debout prolongée, et s'ils diminuent au froid, au repos et jambes surélevées.

Les motifs de consultation sont ensuite les mêmes que pour tout le monde. Ce qui change avec une hérédité chargée, c'est le moment : une gêne qui s'installe mérite un avis plus tôt.

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Ce que la prédisposition ne dit pas

Elle ne dit ni le moment, ni la sévérité, ni l'issue. Trois précisions valent d'être posées, parce qu'elles reviennent systématiquement en consultation.

  • Elle ne fixe pas d'âge. Il n'existe pas d'âge type d'apparition, et l'expression clinique peut être minime et très lentement évolutive.
  • Elle ne prédit pas la gravité. La maladie revêt des aspects très variables, y compris au sein d'une même famille.
  • Elle ne s'efface pas après traitement. Aucun praticien ne peut affirmer qu'une personne traitée n'aura plus jamais de varices, puisque la fragilité veineuse reste constitutionnelle.

Ce dernier point est celui qui déçoit le plus. Il vaut mieux l'entendre avant qu'après. Traiter une varice règle une varice, pas le terrain qui l'a produite.

À lire aussi : Varices et âge : à quel âge apparaissent-elles ?

Questions fréquentes :

Est-ce que les varices sont héréditaires ?

Oui, fortement. 80 % des personnes porteuses de varices ont des ascendants variqueux. Avec un parent atteint, le risque de développer des varices est de 45 %. Avec les deux parents atteints, il atteint 90 %. L'hérédité est le facteur le plus déterminant de la maladie veineuse.

Qu'est-ce qui se transmet exactement ?

Pas la varice, mais le terrain. La qualité de la paroi veineuse, son élasticité, la qualité du tissu conjonctif qui la soutient et le comportement des valvules. Ce terrain détermine la vitesse à laquelle les valvules s'altèrent, et donc le rythme d'apparition.

Ma mère a des varices, faut-il faire un écho-doppler ?

Pas systématiquement. En l'absence de symptômes veineux et de varices visibles, un bilan écho-doppler n'est pas justifié sur le seul antécédent familial. Dès qu'une gêne ou une veine visible apparaît, il devient utile de faire un état des lieux sans trop tarder.

Peut-on éviter les varices avec une forte hérédité ?

Pas toujours, et les sources sont prudentes sur ce point. On peut en limiter le développement en évitant le surpoids, les expositions prolongées à la chaleur et les stations debout prolongées, en pratiquant une activité physique régulière, et en faisant évaluer les varices suffisamment tôt.

À quel âge les varices apparaissent-elles ?

Il n'y a pas d'âge type. Certaines personnes ont des varices dès l'enfance, d'autres n'en développent jamais malgré des antécédents familiaux. L'expression clinique et la vitesse d'évolution varient fortement, y compris entre des personnes d'une même famille.

Sources utilisées

  1. Hôpital Paris Saint-Joseph, Institut des varices, Généralités sur les varices
  2. Assurance Maladie, Varices des jambes : définition et facteurs prédisposants
  3. Assurance Maladie, Varices : symptômes, bilan et évolution