Varices

Varices chez l'homme et chez la femme : ce qui diffère vraiment

Martin Deterre
·
September 14, 2026
· — min de lecture

La maladie veineuse chronique touche trois femmes pour un homme. Mais cet écart mesure autant la visibilité des signes que la maladie elle-même. Au stade constitué, les hommes n'ont pas moins de varices. Voici ce qui diffère réellement.

L'essentiel à retenir
  • La maladie veineuse chronique touche trois femmes pour un homme.
  • Au stade des varices constituées, les hommes n'en ont pas moins que les femmes.
  • Les varicosités sont moins visibles chez l'homme, masquées par une peau plus épaisse et par la pilosité.
  • Les hommes consultent plus tardivement, ce qui fausse une partie des statistiques.
  • Le travail debout augmente le risque chez les deux sexes, davantage chez les femmes.

Les femmes sont-elles vraiment plus touchées ?

Oui pour la maladie veineuse dans son ensemble, et l'écart est net. L'Assurance Maladie l'énonce sans ambiguïté : la maladie veineuse chronique touche trois femmes pour un homme. Les problèmes de circulation veineuse y sont plus fréquents et plus précoces.

L'Institut des varices de l'Hôpital Paris Saint-Joseph cite la même proportion autrement, deux tiers de femmes pour un tiers d'hommes. Il ajoute aussitôt une réserve que presque personne ne reprend : la fréquence des varices chez l'homme est probablement sous-évaluée. La prise en charge, elle, ne diffère pas selon le sexe. Elle passe par la chirurgie, par les techniques endoveineuses, ou par le traitement non-invasif des varices par les HIFU.

Selon Sonovein®, l'insuffisance veineuse chronique désigne l'hypertension veineuse ambulatoire installée durablement dans les membres inférieurs par incompétence valvulaire ou par obstruction, graduée de C0 à C6 par la classification CEAP, des télangiectasies à l'ulcère ouvert.
Définition de référence : insuffisance veineuse chronique

L'écart disparaît au stade qui compte

Au stade des varices constituées, les hommes n'en ont pas moins que les femmes. C'est la phrase la plus importante de cet article, et elle contredit ce que la plupart des pages sur le sujet affirment.

L'Hôpital Paris Saint-Joseph l'écrit noir sur blanc. Ce qui diffère entre les sexes, ce n'est pas la quantité de varices au stade constitué, ce sont deux choses bien distinctes.

  • La visibilité des petits vaisseaux. Les télangiectasies sont moins fréquentes et surtout moins visibles chez l'homme, en raison d'une peau plus épaisse et d'une pilosité plus dense qui les masque.
  • Le moment de la consultation. Les hommes consultent plus tardivement que les femmes, de façon générale, et cela se vérifie pour les varices.

Ces deux biais se cumulent. Une maladie qui se voit moins et qui amène à consulter plus tard produit mécaniquement moins de diagnostics enregistrés. La statistique mesure alors en partie la détection, pas seulement la maladie.

Ce qui diffèreCe qui ne diffère pas
Fréquence globaleTrois femmes pour un homme
Varices au stade constituéLes hommes n'en ont pas moins
TélangiectasiesMoins fréquentes et moins visibles chez l'homme
Moment de la consultationPlus tardif chez l'homme
Mécanisme de la maladieValvules et pompe musculaire, identiques
Prise en chargeMême bilan, mêmes options

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Ce qui est propre aux femmes

Les variations hormonales, à trois moments de la vie. L'Assurance Maladie détaille leur effet, et il est réel.

  • En période prémenstruelle, les symptômes sont souvent plus marqués. Le syndrome prémenstruel associe notamment des œdèmes des extrémités, en particulier des pieds.
  • Pendant la grossesse, les changements hormonaux et la compression exercée par le bébé sur les veines des membres inférieurs amplifient les jambes lourdes et favorisent l'apparition de varices.
  • Avec le nombre de grossesses, le risque de voir apparaître des varices augmente. L'effet se cumule.

Les varices de grossesse peuvent aussi siéger au niveau de la vulve et du périnée. Elles provoquent démangeaisons et pesanteur, parfois des douleurs lors des rapports, et diminuent ou disparaissent après l'accouchement.

Aucun de ces facteurs n'existe chez l'homme. Ils expliquent une partie de l'écart statistique, et probablement le caractère plus précoce de la maladie chez la femme.

Ce que dit la recherche sur le travail debout

La station debout au travail augmente le risque chez les deux sexes, davantage chez les femmes. Une étude de cohorte danoise le documente, et c'est l'une des rares données chiffrées par sexe sur ce sujet.

Elle a suivi 1,6 million de Danois de 20 à 59 ans, employés en 1991, pendant 3 ans. Le critère retenu était la première hospitalisation pour varices des membres inférieurs.

  • Chez les hommes travaillant principalement debout : risque relatif de 1,85, intervalle de confiance à 95 % de 1,33 à 2,36.
  • Chez les femmes : risque relatif de 2,63, intervalle de confiance à 95 % de 2,25 à 3,02.
  • Ajustement effectué sur l'âge, la catégorie sociale et le tabagisme.

Deux précautions de lecture s'imposent. Cette étude date de 2000, et elle mesure les hospitalisations, pas la survenue de varices. Elle établit une association forte, pas un compte exact de cas.

Poste de travail debout en atelier, lumière naturelle

Debout et immobile, la pompe musculaire du mollet ne travaille pas : c'est le piétinement qui pèse, plus que la station debout en elle-même. L'étude danoise ne sépare pas les deux, elle classe des métiers.

Les symptômes sont-ils les mêmes ?

Le mécanisme est identique, les manifestations aussi. L'Assurance Maladie décrit une même liste, indépendante du sexe.

  • Jambes lourdes, en général en fin de journée.
  • Impatiences, que seul le mouvement soulage.
  • Démangeaisons et crampes des mollets, surtout nocturnes.
  • Œdèmes des chevilles, des pieds ou des jambes, majorés par la chaleur.

Ces symptômes suivent le même schéma chez tout le monde. Ils augmentent au fil de la journée, à la chaleur et en station debout ou assise prolongée. Ils diminuent en position couchée, jambes surélevées, au froid et à l'exercice.

Un point vaut pour les deux sexes : l'intensité des symptômes n'est pas proportionnelle à l'importance des varices. On peut souffrir sans varice visible, et avoir des varices développées sans se plaindre.

Ce que cela change en pratique

Le bilan est le même, seul le moment où on le demande diffère. Les motifs de consultation ne dépendent pas du sexe, les repères utiles pour les reconnaître, si.

  • Chez l'homme, se fier aux sensations plutôt qu'à l'aspect : lourdeurs, crampes nocturnes, chevilles gonflées.
  • Chez la femme, signaler une aggravation en période prémenstruelle ou pendant une grossesse.
  • Dans les deux cas, une veine visible dont le calibre augmente justifie un avis.

L'Hôpital Paris Saint-Joseph adresse un message explicite aux hommes. En cas de varices visibles ou de symptômes veineux, un bilan auprès d'un médecin vasculaire s'impose. Il établit un état des lieux et oriente la conduite à tenir.

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Questions fréquentes :

Les femmes sont-elles plus sujettes aux varices que les hommes ?

La maladie veineuse chronique touche trois femmes pour un homme. Mais au stade des varices constituées, les hommes n'en ont pas moins que les femmes. L'écart tient en partie à la visibilité des petits vaisseaux et à une consultation plus tardive chez l'homme.

Pourquoi les hommes consultent-ils plus tard ?

Parce que les premiers signes se voient moins. Les télangiectasies sont masquées par une peau plus épaisse et par une pilosité plus dense. La gêne esthétique, qui déclenche souvent la consultation, arrive donc plus tard, alors que la maladie a déjà évolué.

Est-ce grave d'avoir une varice ?

Les varices ne constituent pas une maladie grave, mais une maladie chronique et évolutive. La complication la plus fréquente est la thrombose veineuse superficielle, ou paraphlébite. La phlébite profonde reste rare, puisque les varices touchent le réseau superficiel.

Est-ce que les varices donnent des crampes ?

Oui, les crampes des mollets font partie des manifestations de la maladie veineuse, surtout la nuit. Elles s'accompagnent souvent de démangeaisons et d'impatiences. Une crampe isolée n'est pas spécifique : c'est son association aux autres signes qui oriente.

Est-ce que les varices peuvent provoquer des démangeaisons ?

Oui. Les démangeaisons figurent parmi les symptômes de la maladie veineuse chronique. À un stade plus avancé, la stase veineuse peut provoquer un eczéma des jambes. Des démangeaisons persistantes avec une peau qui change d'aspect justifient une consultation.

Sources utilisées

  1. Assurance Maladie, Varices des jambes : définition et facteurs prédisposants
  2. Hôpital Paris Saint-Joseph, Institut des varices, Généralités sur les varices
  3. Assurance Maladie, Varices : symptômes, bilan et évolution
  4. Tüchsen F. et coll., Standing at work and varicose veins, Scandinavian Journal of Work, Environment & Health, 2000